« SHOPPING ADDICTION » : ENTRE DÉPENDANCE ET CULPABILITÉ


Le shopping j’ai toujours adoré ça. Jouer avec les styles, créer des looks, imaginer des assemblages. Je crois qu’on peut en effet parler d’une sorte d’addiction. D’addiction à l’adrénaline que peut provoquer une virée shopping et à la satisfaction de l’achat de nouvelles pièces. 

Depuis plusieurs mois, je grandis, j’évolue, je murie et je me renseigne. Je me renseigne sur ce monde qu’on est entrain de détruire, sur cette terre polluée sur laquelle nous, la jeune génération et les générations futures nous aurons à vivre, sur le réchauffement climatique qui ne cesse d’empirer, sur la destruction massive que nous menons tous, un peu malgré nous au quotidien. Alors depuis plusieurs mois, je prends conscience des choses, je prends conscience que chacun, nous devons changer nos habitudes pour nous rendre un peu moins coupable de tout cela, et surtout, pour protéger cet espace sur lequel on a la chance de vivre.

La prise de conscience doit être collective. Tout se déroule devant nos yeux et pourtant, c’est comme si on faisait les aveugles. L’exemple le plus récent ce sont les incendies qui ravagent l’Australie, qui tuent des milliers d’animaux et des centaines d’hommes. Des départs de feu dus à ce réchauffement climatique. 

Alors ma prise de conscience je l’ai eu. J’essaie de mettre bout à bout des petites actions pour rendre mon impact environnemental un peu moins important. Et pourtant je culpabilise de ne pas faire plus, de ne pas faire assez. Je culpabilise de faire encore du shopping dans des enseignes de fast-fashion. J’ai eu pour la première fois cette année un rapport compliqué aux soldes. Je dois dire que cela avait déjà commencé avec le Black Friday. Cette année, l’opération commerciale m’a complètement glacée le sang face à cet appel criant à la surconsommation. L’épisode du podcast The Inter Life de Sofia Ayad « 6 étapes pour faire les soldes de manière responsable » – que je vous conseille fortement d’aller écouter – m’a aidé à déculpabiliser, à apprécier chacune de mes actions et à essayer de « mieux faire » les soldes.

Comme chaque année je me dis que les soldes sont un passage « obligatoire » pour acheter ce dont on aurait besoin ou envie, à des prix plus intéressants, car il faut le dire, avec toutes les périodes de promotions qu’il existe aujourd’hui, on a un peu la sensation d’être « un pigeon » si on achète en plein tarif. Premier problème que cela pose : on perd complètement la valeur des choses à être habitué à acheter en promotion. Alors évidemment, changer ses habitudes de consommation vers des marques plus responsables et éthiques c’est extrêmement compliqué quand on n’est pas éduqué pour consommer ainsi : pourquoi acheter 3 à 4 fois plus chers une pièce similaire ? Il y a un manque cruel d’éducation autour de ces sujets, pour comprendre d’où viennent les prix. 

La deuxième chose qui m’a dérangé cette année c’est de réaliser cette forme de dépendance que j’avais vis-à-vis des vêtements. J’ai trouvé ça complètement ahurissant de voir à quel point je pouvais être affectée de ne rien trouver pendant mon shopping et de repartir bredouille. Et combien de fois ce genre de shopping s’est terminé par un achat compulsif tout cela pour me satisfaire et ne pas entacher mon humeur avec du négatif. Et réaliser « qu’acheter » peut nous rendre sur un instant précis plus heureux, ça m’a fait réfléchir. 

Cette année, cette dépendance s’est mêlée au sentiment de culpabilité. Je m’en voulais d’encore mettre les pieds chez Zara alors que je savais combien je détestais l’expérience shopping dans cette enseigne, combien je trouvais les prix élevés pour la qualité et combien les matières n’étaient pas belles et agréables à mes yeux. Je n’y ai rien acheté, ni la ni ailleurs ce jour-là. J’ai donc réfléchi tout d’abord en me disant que ce que je recherchais cette année et que je voulais trouver aux soldes je pouvais peut-être le trouver ailleurs : dans des boutiques indépendantes, dans des friperies ou sur vinted ou encore dans des enseignes proposant des pièces plus qualitatives.

Je pense que je suis entrain d’apprendre à réappréhender mon rapport au shopping, à l’achat et à la mode. J’apprends a apprécier chaque petit pas que je mets bout à bout, jour après jour et je pense que c’est ce qu’il y a d’important à retenir, et surtout, de ne pas culpabiliser de ne soit-disant pas faire « assez ».

You may also like

4 commentaires

  • Anaïs
    27 janvier 2020 at 11 h 28 min

    Article très intéressant qui amène à réfléchir! Merci de ta sincérité.

    • Shan
      28 janvier 2020 at 10 h 56 min

      Merci à toi pour ton commentaire, je suis ravie si il a pu aidé à réfléchir !

  • Coquelicot Mesdames
    29 janvier 2020 at 21 h 41 min

    Bonjour,
    J’adhère tout à fait à cette dynamique. Exit les achats « pas cher » mais de faible qualité, pour privilégier la qualité, le seconde-main et freiner la surconsommation. Bravo pour cet article et ton engagement !
    Je t’envoie un message sur insta si tu le permets, pour te présenter Coquelicot Mesdames qui met en pratique ma démarche seconde-main et qui peut t’intéresser qui sait!
    Bonne soirée

    • Shan
      29 janvier 2020 at 22 h 07 min

      Hello ! Je suis ravie de lire ton retour ! Au plaisir de discuter avec toi, belle soirée !

LEAVE A COMMENT